manga

A Silent Voice :

 

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« Touchant, déchirant et émouvant »

Voilà les premiers mots qui me viennent à l’esprit quand je pense à « A Silent Voice » de Yoshitoki Oima. C’est un véritable coup de cœur et c’est pour cela que je lui dédie ma première critique manga, critique qui portera sur l’intégralité du tome 1.

A Silent Voice ou Koe no Katachi de son vrai nom, est un manga en 7 volumes sorti en aout 2013 au Japon. Le premier tome en version française est disponible depuis janvier 2015 et c’est l’éditeur Ki-oon qui se charge de sa publication. A l’heure où j’écris ces lignes le tome 2 vient tout juste de paraître dans nos librairies.

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(Couvertures du tome 1 et 2)

A Silent Voice raconte l’histoire de Shoko Nishimiya, une jeune fille de CM2 atteinte de surdité depuis sa naissance. Malgré le port d’un appareil auditif Shoko a du mal à saisir les discussions autour d’elle. Ayant aussi des difficultés pour parler, c’est par l’intermédiaire d’un cahier qu’elle arrive à communiquer avec les autres.

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Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle tente de surmonter son handicap et fait tout ce qu’elle peut pour s’intégrer auprès de ses nouveaux camarades. Malheureusement ses efforts sont vains et elle va rapidement devenir le souffre-douleur de la classe. Le premier responsable de ces persécutions s’appelle Shoya Ishida. Pour Shoya, son pire ennemi c’est l’ennui et il voit en Shoko une source d’amusement inépuisable. Il considère la jeune fille comme une véritable bizarrerie et va prendre un malin plaisir à la tourmenter. Ses agressions, à la fois physique et psychologique, se font de plus en plus violentes et répétées suscitant par la même occasion les rires et la participation des autres élèves.

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Un jour c’est l’incident de trop, la mère de Shoko porte plainte et pousse le directeur de l’école à agir. A partir de là, le quotidien de Shoya va radicalement changer. D’abord désigné par ses camarades comme seul coupable, il deviendra par la suite le nouveau souffre-douleur de la classe.

Mon avis :

Ce premier tome est réellement bouleversant. Les mangas parvenant à susciter autant d’émotions sont rares et celui-ci y arrive avec brio. L’auteur se démarque par un scénario original, abordant deux sujets de société à la fois délicats et complémentaires : le regard des gens vis-à-vis du handicap et le phénomène de l’ijime, signifiant littéralement « intimidation » et désignant les persécutions faites à l’encontre des personnes rejetées à cause de leurs différences.

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J’ai été absorbé tout au long de ma lecture par ce manga triste et tragique mais aussi très touchant. L’histoire avance à un rythme quasi parfait et on ne s’ennuie jamais. A la fin de ce premier tome, je ne souhaitais qu’une chose, pouvoir lire la suite !

Les deux personnages principaux de « A Silent Voice » font partie des gros points forts de ce manga.

Shoko est un personnage extrêmement attachant et attendrissant. On partage et ressent sa douleur au fil des pages, on souhaiterait presque pouvoir lui venir en aide bien que cela soit évidemment impossible. Elle s’efforce à sourire, elle encaisse sans jamais faiblir et tente inlassablement de se lier d’amitié avec Shoya. Comme si au fond d’elle, elle voulait croire en l’espoir qu’il est possible de changer les gens, leurs regards et leurs appréhensions vis-à-vis du handicap et des différences de chacun.

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En ce qui concerne Shoya, c’est un personnage intéressant qui ne cesse d’évoluer durant toute l’histoire. C’est la première fois que je ressens une certaine colère envers le héros d’un manga. Car oui, bien qu’il s’agisse avant tout du principal persécuteur de Shoko, c’est bel et bien le héros de « A Silent Voice ». A la fin du premier tome plusieurs années se sont écoulées. Shoya est en terminale et depuis le jour où son quotidien s’est écroulé, il est resté isolé et ignoré de tous. Il s’est mis à détester tout le monde mais ce qu’il déteste le plus c’est sa propre attitude. Il regrette profondément ses actes passés et l’énorme bêtise de son immaturité de l’époque. Il se rend compte que Shoko faisait preuve de gentillesse à son égard depuis le début et qu’il n’a pas su entendre ses appels. Peu à peu Shoya perd toute envie de vivre et songe à se suicider. Mais avant de mettre fin à ses jours, il décide de payer l’intégralité de ses dettes et de s’excuser auprès de la fille qui lui a toujours tendu la main. A partir de là, la colère que l’on ressent envers Shoya se transforme en sympathie. Sa prise de conscience vis-à-vis de ses actes est le point de départ d’une toute nouvelle relation avec Shoko et c’est sur cela que va se construire la suite du manga.

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En conclusion je conseille à tout le monde ce premier tome de « A Silent Voice ». Son scénario original, triste et touchant est une véritable bouffée d’air frais et donne à réfléchir. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas ressenti autant de passion pour un manga. Une perle à ne pas manquer !  

J’allais oublier, A Silent Voice a été récemment sélectionné parmi 9 nominés pour le 19ème prix culturel Osamu Tezuka. Bravo à Yoshitoki Oima pour ce succès amplement mérité.

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